Réaction au premier tour - Communiqué de la liste 14/03/2010

La liste "VraimenT A Gauche !, Liste Unitaire, Anticapitaliste et pour une Ecologie Radicale" prend acte des résultats. Cette élection a été marquée par un fort taux d'abstention. Celui-ci est dû à la crise économique, à la montée du chômage et de la misère qui favorisent, malheureusement, le repli sur soi.

Malgré nos efforts pour faire entrer la "vraie vie" (chômage, misère sociale, dégâts du productivisme...) dans la campagne, les "grands" partis ont fui ce débat au profit de querelles de caniveau. Nous ne sommes pas parvenus, avec nos moyens limités à convaincre qu'un vote anticapitaliste et pour une écolgie radicale serait un encouragement aux luttes, qu'une défaite cuisante de la droite aiderait à redonner l'espoir.

Pour un grand nombre d'abstentionnistes, infliger une défaite à la droite passera forcément et uniquement par le terrain des luttes. C'est pourquoi, nous appelons dès aujourd'hui à la mobilisation pour l'emploi, contre la casse des acquis sociaux (retraites,...) en manifestant le 23 mars et en participant aux différentes luttes du privé et du public.

Pour le deuxième tour, nous appelons à battre la droite de l'UMP et du Modem. Nous remercions les électrices et électeurs qui nous ont, dans ce contexte difficile, apporté leurs suffrages et leur soutien.

Le NPA, les militants du Parti de Gauche (MPG), les objecteurs de croissance (AdOC, MOC), militants syndicalistes et associatifs allons maintenant, prendre le temps de tirer un bilan plus détaillé de ces élections et allons poursuivre le chemin commencé ensemble.

Sortir la production agricole de l'ère du productivisme

LE BILAN

Une menace pour l'approvisionnement en eau

 

Épurer est difficile

Les stations classiques ne peuvent pas correctement traiter les nitrates et les phosphates ainsi que certains virus et bactéries dont les cyanobactéries (1).

Aucune ne peut pour l'heure traiter les micro-polluants (2) dont la présence dans l'eau a été mis en évidence ces dernières années (3). Même les fort coûteuses nouvelles techniques d'assainissement ne peuvent éliminer complétement ces substances. De plus, le réseau de collecte ne capte que 60% des eaux polluées. Même avec une solution technique efficace, il resterait le problème du reliquat, les boues d'épuration, qu'on ne peut raisonnablement continuer à épandre comme on le fait aujourd'hui quand on ne les envoie pas directement à l'incinérateur. Les industries agro-alimentaires ne sont pas en reste avec notamment la présence de résidus de solvants dans leurs rejets d'eaux usées.

 

 

 

Sur-exploitation des réserves d'eau

Les eaux de surface se chargent de plus en plus de polluants et sont donc de plus en plus difficile à épurer. La qualité de l'eau recyclée se dégrade au fil du temps nécessitant un recours accru aux nappes phréatiques à l'eau de meilleure qualité et au coût de traitement plus faible pour pallier à la mauvaise qualité des eaux de surface et atteindre les seuils de potabilité réglementaires. Malheureusement la contamination de ces réserves par les polluants présents dans les eaux de surface est avéré pour nombre d'entre elles. Cette pollution est beaucoup plus difficile à traiter, il faut absolument les protéger. La préservation de ces réserves est d'ailleurs l'objet de la Directive Cadre sur l'Eau (DCE).

 

Quelle sécurité à l'heure du dérèglement climatique ?

Le dérèglement climatique risque d'entraîner une sur-exploitation de cette ressource qui aggraverait encore les problèmes de pollution et provoquerait sans aucun doute une concurrence entre l'usage domestique de l'eau et son usage par la production agricole et les industries agro-alimentaires. Guère étonnant quand on sait que les 2,1 millions de bovins, les 8,5 millions de porcs et les 65 millions de volaille de élevage intensif consomme en eau l'équivalent de plusieurs dizaines de fois la population totale de la Bretagne (15,5m3 d'eau pour 1kg de bœuf, 4,8m3 pour 1kg de porc, 3,9m3 pour 1kg de volaille).

 

Destruction des milieux aquatiques

 

Une pollution massive et diffuse trop peu visible

Les algues vertes ou les algues bleues (cyanobactéries) ne sont hélas que les symptômes visibles d'une pollution des cours d'eau par les nitrates et les phosphates, une pollution massive et diffuse au final peu visible qui génère une eutrophisation (4) des milieux aquatiques. L'eutrophisation a un impact fort sur le traitement de l'eau (élévation des coûts de traitement, altération de la qualité de l’eau distribuée, augmentation des risques sanitaires dont les cancers ), les activités récréatives, le tourisme (algues vertes, dégradation du potentiel ludique des milieux aquatiques, altération de la qualité des eaux de baignade avec un risque sanitaire potentiellement mortel, organismes indésirables potentiellement vecteur de maladies) et l'écologie aquatique (atteinte à la biodiversité). Ce phénomène entraîne aussi la disparition d'espèces de poissons.

 

La « bombe à retardement » du phosphore

Potentiellement bien plus grave, les sols sont saturés de phosphore mais celui-ci est retenu pour l'instant par leur couverture végétale (matières organiques). L'appauvrissement croissant des sols en matières organiques lié en partie à la concentration en phosphore peut augmenter le transfert pour l'heure assez faible du phosphore vers la surface et les eaux superficielles. Ce transfert aurait des conséquences désastreuses sur la vie aquatique alors qu'il ne serait même pas perceptible par les agronomes tant les quantités susceptibles d’avoir un impact sur la qualité des eaux sont faibles par rapport à celles mise en jeu par l'agriculture (apport de plus de 320 000 tonnes de phosphates par an). Les 30 000 tonnes déversées en excédent chaque année augmente la charge interne des sols en phosphore et laisse présager le pire.

 

derline;">Destr uctions des sols

 

Appauvrissement de la couverture végétale

La destruction des matières organiques du sol par le labourage profond et fréquent, la sur-concentration de phosphates ou de produits phytosanitaires, l'acidification des sols met à mal les nombreuses fonctions environnementales de cette couverture végétale (fertilité, résistance à l'érosion, aération et réserve en eau favorisant la biodiversité du sol, piège à métaux toxiques et micro-polluants organiques, piège à carbone, renforcement du rôle de tampon vis à vis des autres compartiments biologiques) et entraîne une dégradation du fonctionnement essentiel de l'écosystème du sol ainsi que de sa capacité à se régénérer.

Biodiversité en péril

 

La contamination des sols par les métaux lourds est issue principalement du passage dans les déjections animales du cuivre et du zinc ajoutés aux aliments des animaux élevés en hors-sol. Il provient plus marginalement des engrais. Cette contamination met en péril toute la biodiversité des sols sur le long terme de par le rôle fondamental du sol sur l'écosystème. Le lessivage des sols transfère une part de cette pollution aux cours d'eau.

 

Perte de fertilité

L'érosion des sols constitue une perte irrémédiable de fertilité. Elle est liée d'une part à la suppression des haies, talus et zones végétales massivement supprimés dans les années 1970 et d'autre part au développement de l'élevage intensif depuis les années 1960 qui a nécessité une intensification de la production fourragère au sein de laquelle le maïs occupe une place considérable. Cette pratique culturale expose toujours plus de surfaces labourées au ruissellement de l'eau.

 

Pollution de l'air

 

Des dangers de l'épandage

La production agricole pollue l'air lors de l'épandage directement ou par la suite indirectement par l'évaporation des matières épandues qui relâchent dans l'atmosphère un ensemble de substances dont les résidus de produits phytosanitaires (herbicides à 75%) toxiques même à faible dose (micro-polluants) ou les particules en suspension issu de l'activité culturale qui se nichent au fond des poumons. Ces substances ont de nombreux effets sur la santé qui vont de l'irritation des muqueuses aux troubles neurologiques en passant par les troubles de la fonction reproductive, l'aggravation des maladies cardio-vasculaires ou le développement des allergies. Les industries agro-alimentaires pollue l'air elles par les toxines libérées par les incinérateurs qui traitent leurs déchets ou l'évaporation des solvants présents dans leurs rejets d'eaux usées.

 

Aggravation du dérèglement climatique

L'économie agricole (production agricole et industries agro-alimentaires) est la principale émettrice de gaz à effets de serre en Bretagne (principalement Dioxyde de Carbone, Méthane et Protoxyde d'Azote) de par son activité propre (élevage, gestion des lisiers, production d'énergie) ou de par le trafic routier qu'elle génère. Elle contribue significativement à la production de gaz à effets de serre nationale. La destruction de la couverture végétale des sols libère le carbone stockée dans le sol dans l'atmosphère.

 

Effets croisés

L'économie agricole est une grosse émettrice d'ammoniaque et d'autres gazs qui participent à l'acidification des milieux naturels, au phénomène des algues vertes et à la production d'ozone nocive pour l'homme issu de l'élevage et de l'épandage. Par exemple, l'ammoniaque est un gaz toxique. Il participe à l'acidification des milieux naturels et donc à l'érosion des sols et amplifie le phénomène d'eutrophisation. Il provient essentiellement du stockage du lisier et de sa gestion, de l'épandage et de l'évaporation des lisiers et des engrais dans les champs.

 

Impact sanitaire majeur

 

Eau, viande, fruit, légume et air pollués !

Le problème de la pollution de l'eau est connu de tous, le problème des sols, à la source du problème de l'eau, est lui largement mésestimé mais personne ne parle jamais de la pollution de l'air générée par la production agricole. N'oublions donc pas que si nous buvons une eau polluée, à la qualité réglementaire certes mais loin d'être pure, que si nous mangeons une viande de piètre qualité chargée d'antibiotiques, que si nous mangeons des fruits et légumes chargés entre autres de nitrates et de pesticides issus de sols saturés de polluants au fonctionnement de moins en moins naturel, nous respirons aussi un air à la qualité plus que douteuse. Un des problèmes est que nulle étude publique sur la santé ne prend en compte de manière exhaustive tous ces aspects.

 

Des effets à court terme visibles

Hormis les désagréments liés au goût, à l'odeur ou à l'apparence des matières polluées ou polluantes, l'impact de la pollution sur la santé peut être ressenti immédiatement par le biais d'intoxications alimentaires, de malaises parfois mortels provoqués par une baignade dans un plan d'eau colonisé par des algues bleues (cyanobactéries), d'intoxications mortelles liées aux émanations des algues vertes en décomposition ou aux hémorragies et aux atteintes au système neurologique liés à l'utilisation de pesticides dont les exploitants agricoles font d'ailleurs les frais en premier.

 

Des effets à long terme potentiellement beaucoup plus destructeurs

repeat scroll 0% 0% transparent;">Il est aisé de faire correspondre une pollution ponctuelle avec une intoxication. Il l'est beaucoup moins de relier une pollution diffuse mais massive aux multiples effets croisés. On peut par exemple citer les effets mutagène ou cancérigène des micro-polluants tels que les métaux lourds ou les pesticides qui ne s'exprime qu'après de longues années d'exposition mais qui ont des effets beaucoup plus destructeurs de par leur durabilité. On peut aussi se poser des questions sur les effets de la stérilisation des aliments par des matières radioactives.

 

Menace sur la souveraineté alimentaire

 

Cultures hors sol en plein champ

Les nécessités de l'élevage intensif ont suscité un travail du sol, un enrichissement et une utilisation de produit phytosanitaires (insecticides, pesticides, fongicides, herbicides) toujours plus important qui ont détruit sa couverture végétale et entraîné une perte massive de sa fertilité accompagnée d'un dérèglement majeur de son fonctionnement interne et l'aggravation de phénomènes déjà à l'œuvre (lessivage des sols, inondations, érosion). Ce dérèglement provoque une fuite en avant dans l'usage d'engrais pour maintenir le niveau de production, engrais qui sont produits par les multinationales de la chimie.

 

Fuite en avant technologique

 

La production agricole intensive nécessite une technicité croissante face aux problèmes qu'elle génère. L'écart se creuse entre les bureau d'études et l'exploitant agricole. L'utilisation des PGM (Plantes Génétiquement Modifiées) et d'aliments de plus en plus complexes en est l'illustration. Les technologies utilisées ne sont bien souvent pas dans le domaine public mais bien dans les mains de l'agro-business.

 

Notes

  1. Les cyanobactéries sont une famille d'algues qui prolifèrent particulièrement dans les milieux aquatiques qui subissent un phénomène d'eutrophisation. Elles peuvent être toxique par contact, inhalation ou ingestion et leurs effets vont de la démangeaison à l'atteinte au système neurologique.

  2. Les micro-polluants sont des polluants toxiques à très faible dose tels que les métaux, les pesticides ou encore les molécules médicamenteuses issues des traitements antibiotiques des animaux d'élevage par exemple. Certains ont un effet destructeur immédiat, d'autres ont une action chronique et insidieuse potentiellement beaucoup plus grave de par son caractère diffus et son impact à long terme. Une fois déposés sur le sol, ils s'y concentrent ou migrent avec l'eau vers les nappes phréatiques. Une partie gagne l'air par évaporation ou lors des épandages. Une autre partie est emportée par le lessivage des sols jusque dans les cours d'eau.

  3. L'Europe exige le traitement de ces micro-polluants via la Directive Cadre sur l'Eau (DCE).

  4. L'eutrophisation est modification et dégradation d'un milieu aquatique liée en général à un apport exagéré de substances nutritives (ex: nitrates, phosphates) qui augmentent la production d’algues et de plantes aquatiques.

 

Un coût Écologique, sanitaire, social et économique terrible

 

La pollution entraîne des difficultés d'assainissement (fonctionnement entravé, technologies de pointe coûteuses, mise aux normes) et de distribution d'eau potable (fermeture de points de captage, interconnexions) qui ont un coût insupportable pour les usagers du service de l'eau. Elle provoque des dommages collatéraux aux activités touristiques et de loisirs (image du territoire, risques d'intoxication, destruction des milieux aquatiques). On imagine le coût terrible des effets à long terme sur une santé qui n'a pas de prix. La facture est déjà lourde pour soigner les effets d'un mal dont la cause est connu depuis longtemps : la concentration de plus de la moitié des élevages de notre pays dans un territoire qui représente seulement 6% de la SAU (Surface Agricole Utile).

 

Les effets sont tels qu'on peut légitimement se demander comment l'être humain pourra survivre longtemps dans un milieu naturel si dégradé. Le pire est que ce système ne profite qu'aux plus gros producteurs et aux actionnaires des grands groupes financiers de l'agro-alimentaire qui spéculent sur les marchés mondiaux. Les exploitants de base en restent eux condamner à produire beaucoup et de mauvaise qualité pour un faible revenu (parmi les plus bas de France).

 

L'agriculture doit revenir à la raison : elle ne peut continuer à fonctionner « hors sol ». Seulement voilà, réduire la taille des cheptels en fonction de la capacité du territoire qui les accueille, c'est mettre en danger un système dont la logique interne est celle de l'accélération continue de la production. C'est aussitôt au delà remettre en cause le modèle économique d'une région dont c'est l'activité principale. Les bretons n'ont pas choisis ce modèle agricole, ils le subissent. Ce n'est pas s'attaquer à la propriété privée que de considérer que la terre est un patrimoine commun qu'il faut préserver et sur lequel on ne peut pas tout faire, nous mettant ainsi tous en danger.

 

Quel va être le coût de la reconquête de la qualité de nos sols, de notre eau, de notre air, de notre qualité de vie ? Il sera malheureusement ô combien supérieur à ce que rapporte chaque année l'économie agricole. Ce ne seront pas bien sûr les mêmes qui engrangent les bénéfices aujourd'hui qui paieront demain le coût de la dé-pollution. Socialisation des pertes, privatisation des bénéfices.

 

Nos élus mettront en place un observatoire régional public des sols, de l'eau et l'air. Cet observatoire sera chargé de surveiller la qualité des milieux naturels en coordination avec les associations de défense de la nature et les services de l'état, sous le contrôle des usagers de l'eau. Ils placeront désormais la protection des sols au même plan que l'épuration de l'air et de nos ressources en eau. Le mal qui affecte les sols bretons est en grande partie irréversible et le sol est essentiel pour notre subsistance .

 

Nos élus agiront pour la réduction des cheptels en commençant par les plus importants de manière à respecter les capacités d’absorption et de régulation des déchets par les sols.

 

Nos élus donneront pour mission à l'établissement public foncier régional (EPFR) de libérer des terres en faveur d'une agriculture créatrice d'emplois, à taille humaine, produisant des aliments de qualité et respectueuse de l'environnement. Priorité sera donnée aux jeunes agriculteurs qui peinent aujourd'hui à trouver des terres. L'EPFR aura aussi pour mission de lutter contre l'artificialisation des terres (les terres réservées à la production agricole contre l'urbanisation y compris industrielle et commerciale).

 

Nos élus faciliteront la reconversion des exploitants agricoles en activité vers une agriculture respectueuse du territoire par le biais du service public régional de formation (SPRF). Le SPRF permettra aussi de former de jeunes agriculteurs en toute indépendance vis à vis de l'agro-business.

 

Nos élus exigeront des administrations dont elle a la charge qu'elles privilégient systématiquement la production agricole locale en faveur du développement d'une agriculture respectueuse du territoire.

 

Nos élus agiront en faveur de l'indépendance de la production agricole vis à vis des fournisseurs d'aliments ou de semences, résolument contre les PGM, vers l'abandon progressif des cultures maïs-soja et le développement de la production herbagère.

 

Nos élus agiront pour le principe pollueur/payeur soit appliqué mais avec le soucis de prendre en compte toutes les responsabilités y compris celle des industries agro-alimentaires.

 

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