Réaction au premier tour - Communiqué de la liste 14/03/2010

La liste "VraimenT A Gauche !, Liste Unitaire, Anticapitaliste et pour une Ecologie Radicale" prend acte des résultats. Cette élection a été marquée par un fort taux d'abstention. Celui-ci est dû à la crise économique, à la montée du chômage et de la misère qui favorisent, malheureusement, le repli sur soi.

Malgré nos efforts pour faire entrer la "vraie vie" (chômage, misère sociale, dégâts du productivisme...) dans la campagne, les "grands" partis ont fui ce débat au profit de querelles de caniveau. Nous ne sommes pas parvenus, avec nos moyens limités à convaincre qu'un vote anticapitaliste et pour une écolgie radicale serait un encouragement aux luttes, qu'une défaite cuisante de la droite aiderait à redonner l'espoir.

Pour un grand nombre d'abstentionnistes, infliger une défaite à la droite passera forcément et uniquement par le terrain des luttes. C'est pourquoi, nous appelons dès aujourd'hui à la mobilisation pour l'emploi, contre la casse des acquis sociaux (retraites,...) en manifestant le 23 mars et en participant aux différentes luttes du privé et du public.

Pour le deuxième tour, nous appelons à battre la droite de l'UMP et du Modem. Nous remercions les électrices et électeurs qui nous ont, dans ce contexte difficile, apporté leurs suffrages et leur soutien.

Le NPA, les militants du Parti de Gauche (MPG), les objecteurs de croissance (AdOC, MOC), militants syndicalistes et associatifs allons maintenant, prendre le temps de tirer un bilan plus détaillé de ces élections et allons poursuivre le chemin commencé ensemble.

Les transports

Transports (2009: 220,6M€, 24%)

Le plan ferroviaire breton devrait propulser Rennes dans la banlieue de Paris (durée du trajet réduite à 1h24) et rapprocher les grandes villes bretonnes du reste de l'Europe par leur connexion au réseau trans-européen. L'objectif est de placer la Bretagne parmi les régions les plus compétitives en Europe selon les indicateurs économiques de la stratégie de Lisbonne, c'est à dire concrètement et simplement de favoriser les déplacements de cols blancs entre les métropoles européennes dans le cadre européen d'une construction d'un marché commun des connaissances.

C'est pourquoi il ne concerne que le transport de voyageurs même s'il permet à la marge de développer le fret (principalement le long de l'axe Rennes-Le Mans). Il est naturellement soutenu par l'état français (« Grenelle », plan de relance) et l'Europe (programme opérationnel pour l'Europe du Nord-Ouest). Les intentions affichées initialement de mettre Brest et Quimper « à moins de trois heures de Paris », de faire bénéficier toute la région de l'effet « Grande Vitesse » par un soutien au réseau secondaire (TER et transports collectifs urbains), de soutenir l'agriculture et l'agro-alimentaire via la liaison Quimper-Nantes, etc se révèlent être uniquement un moyen de faire participer financièrement toutes les collectivités territoriales tant les bénéfices s'avèrent marginaux (quelques minutes pour Brest et Quimper), tant l'effort est disproportionné en faveur de la métropole rennaise (896M€ pour la liaison Le Mans-Rennes contre 214,4M€ pour Rennes-Brest et Rennes-Quimper confondus) avec au final la priorité accordée à l'axe Rennes-Nantes (en relation avec le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes). Le reste du territoire est abandonné à la route.

Nous ne pouvons que regretter cette conception du réseau secondaire réduit à un complément de la ligne à grande vitesse qui résume à elle seule les fondamentaux de la politique des transports de la région. Le réseau des transports n'est pas qu'un outil au service d'un modèle de développement économique : c'est avant tout un outil stratégique majeur structurant le territoire. La question des transports telle qu'envisagée par la région aujourd'hui va a contrario de la préoccupation d'un développement équilibré et harmonieux du territoire en accroissant la distorsion entre une métropole rennaise hypertrophiée qui se rêve en « EuroRennes » sur le modèle d'une « EuroLille » et le reste du territoire breton, le centre-Bretagne en tête. La région se contente du service minimum vis à vis des besoins des habitants du territoire qui sont de disposer d'un réseau de transports collectifs dense, accessible, fiable, sûr, adapté. Les 300 millions d'euros d'investissement engagés dans le réseau TER pour la période 2002-2014 ou les 40 millions d'euros nécessaires pour instaurer la gratuité sur l'ensemble du réseau TER sont à mettre en rapport avec les 4,4 milliards d'euros du plan ferroviaire breton. À ces milliards, on peut ajouter le coût financier, sanitaire, écologique de la construction et de l'entretien des routes, de l'impact de la pollution des voitures et camions sur notre santé et sur l'environnement (l'agriculture est la première émettrice de gaz à effet de serre par le trafic routier qu'elle génère), du temps passé sur la route (avec le projet BGV on mettra autant de temps à faire Rennes-Paris que Saint-Brieuc-Pontivy), des accidents, des périodes de neige qui empêchent la circulation, du poids dans le budget familial du trajet domicile-travail, de l'impossibilité de se déplacer sans véhicules, etc. Il ne s'agit pas d'être contre le TGV qui représente un progrès technique indéniable mais le développement du TGV s'opère au détriment du TER et du fret avec un ratio coût/service rendu exorbitant. L'accélération continue des mouvements d'hommes et de marchandises voulue par les libéraux à un prix. TGV et TER ont une finalité sociale et économique différente : c'est bien là un choix de modèle.

Le rail est le transport qui coûte le moins cher rapporté à la tonne transportée, c'est aussi le mode de transport le plus écologique et le plus social. Pourtant la France est le pays qui investit le moins dans le rail en Europe (85% des dépenses en infrastructures de transport vont à la route). Le manque d'investissement chronique laisse un réseau en mauvais état, situation particulièrement sensible sur les lignes régionales et inter-régionales comme l'a souligné un rapport de la cour des comptes qui préconise l'abandon pur et simple des lignes à grande vitesse et la rénovation immédiate du réseau. La création de Réseau Ferré de France (RFF) en 1997, chargée de s'occuper du réseau, et l'arrivée du privé complique considérablement la gestion des chemins de fer.

L'impact de la TIPP sur des finances publiques incertaines influe sans aucun doute sur les arbitrages de la région et de l'état en faveur de la route contre le fret et le TER dans la droite ligne de la taxe carbone, TIPP dont sont partiellement exonérés ou remboursés les transporteurs, les agriculteurs ou encore les commerçants sédentaires en zone rurale mais pas les particuliers.

Nos élus engageront un vaste plan de développement du TER et du fret. Ce plan contiendra la création de nouvelles lignes, le doublement des lignes existantes si nécessaires, l'augmentation de la fréquence des voyages, la mise en œuvre du cadencement du réseau. Il s'inspirera du tracé du réseau ferré breton avant la fermeture des lignes de centre-Bretagne en 1967 afin de ré-équilibrer le développement du territoire en faveur du centre-Bretagne, des villes moyennes et d'une priorité donnée au fret pour le transport de marchandises.

Nos élus refuseront de poursuivre plus avant le plan ferroviaire breton actuel au coût exorbitant basé sur le TGV et la route, sans véritable rapport avec les besoins réels de la population, tout comme la participation de la région Bretagne au projet pharaonique, coûteux et écologiquement nuisible de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Nos élus mettront en œuvre la gratuité des transports en commun afin d'inciter la population à limiter l'utilisation de leur véhicule et à en garantir l'accès à tous.

Nos élus mettront en place un observatoire régional des transports qui aura pour mission une meilleure organisation des transports, l'information du public et des entreprises, la promotion des alternatives à la route.

Nos élus s'opposeront au tout-routier dans le sens d'une utilisation des transports selon leurs avantages propres et leur impact global.

Nos élus feront la promotion d'un service unifié 100% public du transport, seul à même de garantir la qualité des infrastructures, la continuité du service et d'une manière générale toutes les exigences que l'on peut avoir vis à vis d'une activité essentielle à la vie économique et sociale. Ils s'opposeront aux partenariats public/privé.

Nos élus exigeront le respect de ses engagements de la part de la SNCF.

Nos élus expérimenteront et mettront en œuvre si possible des modes de transport alternatifs à la route (ex: cabotage).

Nos élus appliqueront le principe pollueur/payeur et exigeront des employeurs qu'ils financent les trajets domicile/travail des salariés obligés d'utiliser leur véhicule.

Liens

Agenda de Campagne

Copyright © 2010 VraimenT A Gauche !. Tous droits réservés.
Joomla! est un logiciel libre sous licence GNU/GPL.